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Marc Chagall

dimanche 5 mai 2013, par M Milaveau


 Qui est Chagall ?


Marc Chagall, né Moïshe Zakharovitch Chagalov est un peintre né le 7 juillet 1887 à Liozna, près de Vitebsk, en Biélorussie, alors province de l’Empire russe.


 


En 1910, il part étudier à Paris où il découvre des mouvements artistiques qui nourriront son oeuvre : -fauvisme, cubisme, surréalisme- et se lie d’amitié avec Delaunay, Apollinaire... En 1914, il est de retour à Vitebsk où la guerre le surprend. Mobilisé en 1915, il ne combat pas au front mais travaille dans un service d’intendance à Saint Pétersbourg. Ce qui ne l’empêche pas de rendre compte des ravages de la guerre dans une série de dessins, tel "Le soldat blessé" en 1914 :


 


Toujours en 1915, il épouse Bella Rosenfeld. L’année suivante naît sa fille Ida.


Avec la révolution bolchévique, il devient quelques mois "Commissaire aux Beaux-Arts" de Vitebsk. Dès 1923, lui et sa famille s’installent en France et, en 1937, il est naturalisé français. 


En 1941, fuyant l’antisémitisme d’Etat, il s’installe avec sa famille à New York mais n’ignore rien de la barbarie nazie. Ci-dessous, "La guerre" ,1943 :


 


La guerre finie, il rentre en France -très marqué par la disparition de Bella en 1944- et s’installe à Saint Paul de Vence où il décède en 1985.


Quelques clefs pour comprendre l’oeuvre. 


Artiste inclassable qui emprunte à tous les mouvements, son oeuvre est marquée d’un triple sceau. 


Le premier tient au judaïsme, et plus particulièrement au judaïsme hassidique. Le hassidisme -ou religion des "pieux"- est un mouvement religieux juif qui naît en Europe orientale au XVIII° et qui prône le service de Dieu par la musique, le chant, la danse, bref, l’émotion. 


"La danse", 1950 :


 


Cependant, les références traditionnelles ne sont pas absentes :


"La Torah sur le dos", 1933 : (Vêtement traditionnel, châpeau, rouleaux de la Torah et étoile de David)


 


"Crucifixion blanche", 1938. (ceinture avec châle de prière ouTalit) :


 


Mais aussi l’antisémitisme et les pogroms qui obligent à fuir : thème du juif errant, balot sur le dos. C’est le "luftmensch" ou "l’homme en l’air", sans attache.


Voir le tableau ci-dessus "La guerre" (en bas à gauche) ou plus bas "Au dessus de Vitebsk".


Chagall a aussi illustré la Bible : 


http://www.mahj.org/documents/Chagall-et-la-Bible-Dix-fiches-oeuvres.pdf 


 


Deuxième clef : l’amour, la famille. Symboles de la protection et de l’espoir.


« Si toute vie va inévitablement vers sa fin, nous devons, durant la nôtre, la colorier d’amour et d’espoir ». Chagall, "Ma vie".


"Les amoureux en vert", 1916-17. C’est Bella qui est peinte :


 


 L’amour fait tourner la tête et donne des ailes... "L’anniversaire", 1915 :


 


Troisième et dernière clef : la nostalgie. Pas une nostalgie de regrets et d’amertume mais une nostalgie gaie, forte : celle des souvenirs d’enfance.


Toute sa vie, Chagall restera attaché à sa ville de Vitebsk.


"Au dessus de Vitebsk", 1915/20 :


 


Un paysage décomposé en formes géométriques simples mais le paysage reste lisible au premier coup d’oeil : clochers à bulbe typique de la Russie, isbas sans doute (la maison rouge serait celle de l’artiste), neige : le paysage familier de l’enfance où l’on retrouve le thème du juif errant : fuir les pogroms... 


"Le cirque" bleu, 1950 :


Bien d’autres tableaux traitent du cirque. B


 


Bien d’autres tableaux traitent du cirque, du monde des saltimbanques : l’imagination vagabonde, construit et décontruit : en l’air, le poisson présente un bouquet de fleurs à l’acrobate qui semble flotter tandis qu’un coq joue du tambour...


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Chagall apparait donc comme un artiste inclassable parce qu’éclectique : il emprunte et mélange pour créer des oeuvres où se mêlent figuration et narration, allégorie et rêve.