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Il y a 70 ans... - COLLEGE ANTOINE MEILLET

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Il y a 70 ans...

mardi 28 mai 2013, par M Milaveau


 Le 27 mai 1943 se tient à Paris, 48 rue du Four, VI° arrondissement, la première réunion du Conseil de la Résistance présidé par Jean Moulin.


Le 48 rue du Four (1° étage) :


 


 


 


A l’origine du CNR, une logique : celle de l’unification des mouvements de Résistance entamée dès janvier 42 quand de Gaulle envoie Jean Moulin en zone non occupée avec, pour mission, de rallier à la France Libre les 3 principaux mouvements de Résistance : Combat, Libération-Sud et Franc-Tireur. Il n’est alors question que d’unir les mouvements de Résistance ce qui exclue les syndicats et les partis politiques qui, aux yeux de la majorité des Français, sont associés à la III° République et disqualifiés par la défaite de 1940. Les débuts sont difficiles, chacun tenant à sa liberté d’action.


Le débarquement allié en Afrique du Nord en novembre 42 modifie la donne politique. Par détestation de de Gaulle, le président américain Roosevelt nomme à Alger l’amiral Darlan, pétainiste et collaborateur qu’il remplace après son assassinat le 24/12/42 par le général Giraud, rival déclaré du chef de la France Libre. Pour la France Libre, il devient urgent d’asseoir sa légitimité sur une représentation plus large : le Conseil doit s’ouvrir aux représentants de la nation pourvu qu’ils aient donné la preuve de leur esprit résistant. 


Le CNR sera donc constitué de 16 représentants : 8 de mouvements - Ceux de la Libération, Ceux de la Résistance, Combat, Front national, Libération-Nord, Libération-Sud, Organisation Civile et Militaire, Franc-Tireur- 6 de partis politiques -Alliance démocratique, Fédération républicaine, PC, Parti démocrate populaire, Parti radical-socialiste, PS- et 2 pour les syndicats : CFTC et CGT.


Photo du CNR (août 1944) :


 


 


Au cours de cette même réunion, Jean Moulin rappelle les objectifs du Conseil : * faire la guerre, * rendre la parole au peuple français, * rétablir les libertés républicaines dans un Etat garantissant la justivce sociale, * travailler avec les Alliés à l’établissement d’une collaboration internationale économique et spirituelle dans un monde où la France retrouverait son prestige. Puis est lu le message du chef de la France Libre : de Gaulle prône l’unité dans l’action pour " notre intérêt immédiat, notre grandeur de demain et même notre indépendance".


Jean Moulin sera arrêté le 21 juin à Caluire (banlieue lyonnaise) par la Gestapo de Klaus Barbie et décédera vraisemblablement le 8 juillet :


 


De mouvement militaire, la Résistance avait maintenant une identité politique. Identité qui sera renforcée avec la rédaction pendant l’hiver 43-44 du "Programme d’action de la Résistance", programme qui servira à reconstruire la République, les libertés et la démocratie à la Libération. 


Lire le programme diffusé entre mars et août 1944, dans des journaux clandestins et sous forme de tracts :


http://www.citoyen-lambda.fr/ZCi-CNR-Programme.html 


 http://www.citoyen-lambda.fr/ZCi-CNR-Programme.html


 


Pour le Conseil, la reconstruction du pays s’identifiait à une refondation et allait de pair avec l’ émancipation du citoyen, toutes thématiques que l’on retrouvera dans la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1948.


" L’instauration d’une véritable démocratie économique et sociale  », « le retour à la Nations des grands moyens de production monopolisés, fruit du travail commun, des sources d’énergie, des richesses du sous-sol, des compagnies d’assurances et des grandes banques », « le droit au travail et le droit au repos  », « un plan complet de sécurité sociale  », "une retraite permettant aux vieux travailleurs de finir dignement leurs jours"... demandent d’importantes réformes des stuctures économiques et sociales : nationalisation des usines Renault, de 4 grandes banques dont le Crédit Lyonnais et la Société Générale (1945) afin de répondre aux investissements décidés par le Commissariat au Plan, loi de nationalisation du gaz et de l’électricité (1946) et création de EDF-GDF,  nationalisation des Charbonnages de France (1946), création des comités d’entreprises (1945), création de la Sécurité sociale (1945), nationalisation de 34 compagnies d’assurances (1946)...  Sans oublier la réforme politique : restauration de la démocratie libérale et droit de vote accordé aux femmes (ordonnance de 1944 ) qui votent pour la première fois en avril 45 pour les élections municipales.


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Fruit d’une rencontre improbable entre deux hommes du refus : "l’un, général nationaliste nourri de Barrès (1) et de Péguy (2), l’autre, fonctionnaire imprégné d’une idéologie de gauche républicaine" (J-P Azéma), le CNR reste à ce jour une institution unique dans l’histoire de notre pays et représente une espérance politique que nos grands-parents et parents ont fait vivre. 


(1) : Maurice Barrès (1862-1923) est un écrivain français, figure de proue du nationalisme.


(2) : Charles Péguy (1873-1914) est un écrivain catholique conservateur.