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Défense et sécurité à l’heure de la mondialisation.

dimanche 7 avril 2013, par M Milaveau


DEFENSE ET SECURITE A L’HEURE DE LA MONDIALISATION.


Compte rendu de la conférence donnée par Monsieur Hervé BURDIN, Maître de conférences à l’Université d’Orléans et directeur de l’Institut d’ Administration des Entreprises dans le cadre du Trinôme académique. 3 avril 2013.


Trinômes académiques : http://www.ihedn.fr/?q=content/trinomes-academiques 


I° « Le choc de 1989-92 et ses conséquences militaires et géopolitiques ».


Jusqu’alors, les relations internationales étaient structurées par l’antagonisme Ouest-Est. Chaque camp avait son ennemi clairement identifié : Etats-Unis et satellites pour l’URSS et l’URSS et ses alliés pour le camp occidental. Les années 89-92 voient ce monde bipolaire disparaître : 1989 : chute du mur de Berlin ; 1990 : réunification allemande ; 1991 : disparition de l’URSS ; 1991 : dissolution du Pacte de Varsovie, alliance militaire conclue en 1955 et conçue comme riposte à l’intégration de la RFA aux forces militaires de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord –OTAN- créée en 1949 sous l’égide des USA.


La disparition de cet antagonisme ne marque pas l’avènement d’une paix universelle.


Des oppositions ou des résistances à l’hégémonie des Etats-Unis perdurent ou naissent : Cuba de Castro, Iran des mollahs, Venezuela de Chavez, France de J. Chirac s’opposant à la seconde guerre d’Irak (2003 : opération « Iraki freedom »). Mais c’est aussi un nouvel ennemi, insaisissable et multiforme, une menace non conventionnelle : le terrorisme. L’islamisme bien sûr mais aussi les groupes armés par les pays de « l’axe du mal », expression forgée en 2002 par l’administration américaine de George W. Bush pour désigner l’Irak, l’ Iran et la Corée du Nord, pays présentés comme souhaitant se procurer des armes de destruction massive et soutenant le terrorisme. Les conflits eux aussi changent.


Au traditionnel conflit armé opposant des Etats (trente en moyenne annuelle depuis 2000) s’ajoutent les violences unilatérales à l’encontre des civils (type Syrie actuellement) et une nouvelle forme de guerre, silencieuse, sans morts, blessés ni destructions matérielles massives : la cyber-guerre. Quelques ingénieurs en informatique et hackers s’emparent des ordinateurs et de l‘Internet pour détruire sites et organisations gouvernementales, institutions et entreprises de l’ennemi. L’Estonie en 2007 (de la part de la Russie) et l’Iran en en 2012 (virus Stuxnet israélo-américain) sont les exemples les plus célèbres. La menace est d’autant plus redoutable que les grandes entreprises travaillent de plus en plus en virtuel : c’est le BIM  : Building Information Modeling, utilisé par Bouygues ou Veolia par exemple. Tous les fichiers sont stockés sur un même espace numérique afin de gagner en efficacité lors de la conception et de la construction des infrastructures.


En savoir plus sur la cyber-guerre :


http://www.01net.com/editorial/5892...


http://fr.wikipedia.org/wiki/Cyberguerre


En savoir plus sur BIM :


http://www.batiportail.com/bim/def_maquette_numerique.asp 


http://fr.wikipedia.org/wiki/Building_Information_Modeling 


Cette nouvelle  donne politique s’accompagne d’une mutation économique majeure : une nouvelle mondialisation.


Développement des technologies de l’information –Internet- ; financiarisation croissante de l’économie et crises à répétition –la dernière étant celle que nous vivons- ; conversion à l’économie de marché d’Etats marxistes comme la Chine ou le Vietnam ; émergence des BRICS : Les cinq BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) représentent actuellement 18 % du produit intérieur brut (PIB) mondial et 40 % de la population, 15 % du commerce et 40 % des réserves monétaires de la planète. Affichant un PIB commun de presque 14 000 milliards de dollars, ces économies ont représenté 30 % de la croissance mondiale depuis que la banque Goldman Sachs a inventé le terme BRIC en 2001.


( Source : http://www.ladocumentationfrancaise...). 


II° Face à ces nouvelles vulnérabilités, comment évoluent dépenses militaires et dépenses d’armement ? 


La distinction opérée entre dépenses militaires et dépenses d’armement relève de la sémantique. Les premières concernent les forces régulières : elles sont donc identifiables et mesurables (1700 milliards $/an en 2011). Les secondes concernent l’ensemble des armes vendues : chiffres ? Constatation est faite d’une croissance de la vente tant des armes lourdes ou de haute technologie (avions, chars…) que des armes légères.


Pour plus d’informations, lire (nombreux graphiques) :


http://www.vadeker.net/humanite/geopolitique/world_military_spending/world_military_spending_2002-2012.html 


 III° Dans ce monde instable, quelle est la situation de l’Europe et de la France ? 


A l’exception de la France et de la Grande Bretagne (maintien des budgets), de la Suisse et de la Norvège (croissance des dépenses), on constate un désarmement de l’Europe occidentale. A l’inverse, un énorme effort est consenti par les PECO (Pays d’Europe Centrale et Orientale, ex bloc soviétique) notamment la Pologne. Peur de la Russie et adhésion à l’OTAN demandant la compatibilité des matériels expliquent cette croissance.


Quant à notre pays, les discussions sont en cours pour déterminer la défense dont nous avons/aurons besoin, compte tenu aussi des contraintes budgétaires.


 L’ordonnance du 7 janvier 1959 a posé les bases de la défense  : « La Défense a pour objet d’assurer en tout temps, en toutes circonstances et contre toutes formes d’agression, la sécurité et l’intégrité du territoire ainsi que la vie de la population. Elle pourvoit de même au respect des alliances, traités et accords internationaux ».


Tirant les enseignements de l’ « Opération Daguet » (= insuffisances et inadaptation de l’outil militaire lors de la première guerre du Golfe en 1991), le « Livre blanc » de la défense de 1994 a posé le principe de la projection de force : la défense de nos intérêts commence à l’extérieur.D’où la professionnalisation des armées et la suspension du Service national. Applications de ce principe : lutte contre la piraterie dans l’Océan Indien (c’est « l’opération Atalante » de sécurisation des approvisionnements en hydrocarbures du Golfe arabo-persique et de défense des pêcheurs rançonnés) et, cette année, de l’ « Opération Serval » au Mali.


Sur l’opération Atalante :


http://www.defense.gouv.fr/marine/e...


Le « Livre blanc » de 2013 en discussion réaffirmera sans aucun doute les 5 fonctions stratégiques dévolues aux forces armées : connaître et anticiper  : chercher le renseignement, développer l’esprit de défense dans la population d’où la redéfinition de la JDC –Journée Défense et Citoyenneté à destination des jeunes-, dissuader un éventuel agresseur des conséquences de son geste (arme nucléaire), protéger la population et le territoire, prévenir les crises par des forces pré-positionnées au Tchad, à Djibouti, aux Emirats Arabes Unis …, intervenir pour mettre fin le plus rapidement possible à une crise.


Se reporter au manuel Education Civique, pages 108 à 121.